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Sensibilité au Gluten: Le Cheminement Personnel d’un Gastroentérologue dans l’Univers du Gluten.

Gluten Sensitivity: A Gastroenterologist’s Personal Journey Down the Gluten Rabbit Hole.

Par le Dr Scot Lewey


L’intolérance au gluten engendrant symptômes et troubles de santé similaires à ceux occasionnés par la maladie cœliaque (MC) sans toutefois rencontrer les critères de diagnostic de celle-ci, est un nouveau concept. Ce concept de non-cœliaque sensible au gluten (NCSG) ou de maladies reliées au gluten (MRG) est peut-être un nouveau paradigme difficile à avaler pour certaines personnes, spécialement lorsque je suggère que la sensibilité au gluten affecte de 10% à 30% de la population.

L’ingestion de gluten est une cause évitable, traitable et réversible de maladies chez beaucoup de personnes. Elle contribue à l’épidémie croissante des maladies auto-immunes. Plusieurs résistent à ce concept le trouvant soit incroyable, inacceptable ou les deux. Je crois que leur rejet n’est ni rationnel ni utile. Il peut être raisonnable de rejeter ce concept pour des raisons culturelles ou financières, alors même que ce concept à mon avis ne peut légitimement être rejeté sur la base de l’expérience et des connaissances scientifiques.

La maladie cœliaque n’est pas rare; elle affecte 1% de la population dans le monde. Toutefois elle demeure fréquemment non dépistée et/ou elle est diagnostiquée souvent tardivement. Il s’agit d’une maladie commune qui n’est pas diagnostiquée souvent ou qui est fréquemment mal diagnostiquée. Il s’agit sans doute du désordre auto-immun le plus courant. Alors que le risque est largement génétique, il est évitable en éliminant simplement le gluten. Les maladies auto-immunes associées à la maladie cœliaque peuvent être aussi évitées par l’élimination du gluten.

Lorsque j’étais à la faculté de médecine il y a plus de vingt-cinq ans de cela, on m’a enseigné que la MC était rare. En résidence nous avons vu des photos d’enfants petits, émaciés, ventrus avec les bras maigres. On nous a dit que leur histoire médicale incluait des symptômes de selles abondantes, liquides, flottantes, de diarrhées malodorantes et d’anémie par manque de fer. Les images et l'histoire de ces enfants furent gravés dans notre cerveau, pas nécessairement parce que quelqu’un d’entre nous croyait que nous verrions un jour un cœliaque lors de notre pratique, mais parce que la maladie cœliaque, étant considérée rare et assez quelconque, pouvait être le sujet par excellence d’une question à l’examen d’admission. Les images et l'histoire de ces enfants demeurent gravées dans l’esprit de la majorité des médecins, empêchant ceux-ci de voir la maladie cœliaque sous un faisceau de lumière plus large.

Lorsque j’ai débuté mon entrainement pour ma spécialisation en gastroentérologie il y a 13 ans de cela, les tests sérologiques spécifiques à la maladie cœliaque étaient disponibles mais ils étaient nouveaux. Nous avons commencé à prescrire les tests sérologiques lorsque des symptômes classiques de MC apparaissaient chez un patient sans autre cause identifiable ou si nous avions à prélever des échantillons lors d’une endoscopie de l’intestin et que des changements classiques évoquant une Sprue étaient visibles dans les échantillons de la biopsie intestinale. La MC étaient toujours considérée quelque chose de rare. Nous ne pratiquions pas de biopsies intestinales de façon routinière pour dépister la MC et les tests génétiques n’étaient pas plus disponibles.

Il fallut attendre jusqu’à 2003 pour qu’une recherche du Dr Fasano rapporte que la MC affecte 1 personne sur 133 aux États-Unis. Et c’est seulement récemment qu’il fut accepté que les membres d’une famille, comportant un ou plusieurs cœliaques, (ceux ayant entre autres des symptômes de troubles digestifs, d’ostéoporose, d’anémie, de certains troubles neurologiques, de désordres au niveau de la peau ou de désordres auto-immunitaires), font parti d’un groupe à risque pouvant avoir aussi cette maladie. Bien qu’ils aient un risque plus élevé se situant entre 2% et 5%, la majorité des médecins ignorent ces statistiques. Chaque semaine, en utilisant les critères stricts de diagnostic, je confirme 2 à 3 cas de MC.

Je vois aussi en consultation 5 à 10 patients ayant une maladie cœliaque établie. Cependant, pour chaque patient identifié avec une MC, il y a de 3 à 10 histoires cliniques consistantes avec des symptômes de MC mais qui ne rencontrent pas les critères stricts de diagnostic bien qu’ils répondent à une diète sans gluten. Plusieurs ont des résultats sanguins suggestifs, des biopsies suggestives et/ou des tests génétiques mais certains non.

Plus de 90% des patients, ayant une maladie cœliaque prouvée, expriment un HLA de type DQ2 et/ou de type DQ8. Bien que 35% à 45% de la population nord américaine en générale, spécialement les descendants des Nord-Européens, expriment l’un ou l’autre de ces deux gènes, la MC n’est présente que chez 1% de cette même population. Il faut cependant considérer que la MC sans ces deux gènes fut déjà rapportée. D’autres maladies reliées au gluten incluant la dermatite herpétiforme, les conditions neurologiques de l’ataxie et de la neuropathie ainsi que la colite microscopique ont déjà également été rapportées chez des individus n’exprimant pas le génotype DQ2 et DQ8.

D’autres gènes HLA retrouvés dans d’autres maladies reliées au gluten et associées avec des niveaux élevés d’anticorps fécaux indiquent que plusieurs personnes sont génétiquement à risque pour une sensibilité au gluten. De plus, la réponse de nombreux symptômes à une diète sans gluten n’est pas limitée à ceux ayant le génotype DQ2 ou DQ8.

La plupart des experts sont confortables et d’accord avec le fait d’aviser les patients qui rencontrent les critères stricts de diagnostic de MC qu’ils devront suivre une diète sans gluten toute leur vie. La controverse et la confusion surviennent lorsque les critères stricts ne sont pas rencontrés, bien que le patient et/ou le médecin croit souvent que le gluten est la cause des symptômes et des problèmes de santé.

Plusieurs praticiens alternatifs conseillent des diètes sans blé et sans levure, qui sont fréquemment reconnues comme engendrant une réponse favorable à ce qui est finalement une forme de diète sans gluten. De façon similaire, la popularité et le succès des diètes pauvres en hydrates de carbone dont le crédit d’améliorer les symptômes de maux de tête, de fatigue, de gonflements, de douleurs musculosquelettiques et d’engendrer une augmentation générale du sentiment de bien-être, a été rapporté par plusieurs personnes ayant expérimenté ces diètes. Je crois, pour ma part, que ces résultats sont engendrés par le contenu pauvre en gluten de ces diètes. L’élimination du gluten est clairement associée avec une amélioration de plusieurs symptômes intestinaux et extra-intestinaux tels ceux énumérés ci-dessus.

Plusieurs personnes aussi font cette association après avoir amorcé une diète sans gluten ou sans blé sur les conseils d’amis ou de membres de leur famille, de diététiciens, de nutritionnistes, de praticiens alternatifs ou complémentaires ou après avoir lu un article sur Internet.

Parmi la communauté médicale, il semble y avoir une réticence irrationnelle à recommander plus abondamment l’élimination du gluten de l’alimentation. Les médecins, qui maintiennent que ceux qui ne rencontrent pas les critères stricts de diagnostic de la MC ne devraient pas se faire dire de suivre une diète SG, reconnaîtront souvent que plusieurs de leurs patients répondent favorablement à une diète SG. Plusieurs cependant continuent d’insister pour dire qu’un challenge sans gluten n’est pas nécessaire, qu’il est excessivement pénible ou qu’il n’y a pas de preuves scientifiques démontrant les bénéfices d’une diète SG à ceux n’ayant pas de maladie cœliaque. Cette position est endossée en dépit de l’absence d’évidence que la diète SG est dommageable pour la santé ou dangereuse et en dépit de plusieurs évidences supportant qu’elle soit, en fait, une diète santé.


Ceux d’entre-nous qui ont observé des améliorations marquées, à la fois personnelles et professionnelles, trouvent qu’une telle réticence à recommander une diète sans gluten à un plus grand nombre de gens est difficile à comprendre. Considérant les dangers potentiels et les bénéfices limités des médicaments que nous, en tant que médecin, prescrivons à nos patients pour une variété de symptômes, il semble réellement absurde de rejeter des traitements basés sur des diètes alimentaires. Jusqu'à présent, il ne semble pas venir à l’esprit des médecins de suggérer quelque chose d’aussi sécuritaire et santé qu’une diète sans gluten, à tout le moins de procéder à des tests de dépistage pour la MC.

Mon cheminement personnel dans l’univers des maladies reliées au gluten débuta lorsque mon épouse, qui est également médecin, fut diagnostiquée avec la MC. Je lui avais mentionné plusieurs fois sur une période de plusieurs années que je croyais qu’elle devrait se faire tester pour la MC. Après sa seconde grossesse, elle devint progressivement plus malade, éprouvant pour la première fois de sa vie des symptômes de diarrhée, de fatigue, et de neuropathie chronique. Une endoscopie haute révéla des caractéristiques endoscopiques classiques. Les tests sérologiques de dépistage de la MC étaient élevés et les tests génétiques confirmèrent un HLA de type DQ2. Ces faits changèrent notre vie ainsi que ma pratique médicale. Mais l’histoire ne se termine pas là.

Ayant été, moi-même, diagnostiqué avec le syndrome du côlon irritable (SCI) et avec une intolérance au lactose lorsque j’étais à la faculté de médecine, je n’avais jamais considéré le gluten comme une cause possible de mes symptômes jusqu’à ce que mon épouse me renvoie la balle et me dise que je devrais aussi être testé pour la maladie cœliaque. Mes tests sérologiques ne furent pas très élevés mais j’avais aussi un gène HLA-DQ2.

Ayant observé une bonne réponse à la diète chez quelques uns de mes patients qui avaient eu des hauts niveaux d’anticorps anti-gliadine fécaux, je me suis mis à parcourir de façon critique la recherche derrière ces tests et j’ai conversé avec le Dr. Kenneth Fine avant de payer afin que toute ma famille soit testée par le laboratoire Enterolab. À la fois mes anticorps fécaux anti-gliadine et anti-transglutaminase étaient élevés et j’ai bien répondu à la diète SG. J’ai commencé à recommander les tests d’anticorps fécaux et les tests de génétique aux patients qui ne rencontraient pas les critères stricts de diagnostic de MC mais qui semblaient avoir des symptômes suggérant une sensibilité au gluten. Contrairement à certaines critiques lancées au sujet des tests d’anticorps fécaux, il y a plusieurs personnes qui n’ont pas des niveaux élevés d’anticorps. Cependant, tous ceux que j’ai vus avec des niveaux élevés notèrent une amélioration de leur santé en éliminant le gluten, incluant moi-même.

Non seulement mes symptômes de “SCI“ disparurent et mon intolérance au lactose s’améliora grandement mais mes yeux s’ouvrirent davantage à l’étendue des maladies et des symptômes reliés au gluten. J’étais déjà aux aguets pour suspecter une maladie cœliaque chez mes patients mais j’ai commencé à considérer la possibilité de sensibilité au gluten sans MC ou de maladies reliées au gluten chez tous mes patients. Ce que j’ai découvert est que le gluten est une cause extrêmement courante mais fréquemment non-dépistée de symptômes intestinaux et non-intestinaux. On peut observer, chez les patients qui font l’essai d’une diète sans gluten, une amélioration spectaculaire de leurs symptômes et de leur santé. Puisque seulement une fraction des gens testant positifs pour les gènes DQ2 ou DQ8 ont, ou auront, éventuellement une maladie cœliaque, est-ce que cela veut dire que le gluten peut être mangé sans danger si vous avez ces gènes?

Même si vous ne développez pas de maladie cœliaque, est-ce que le fait de continuer à en manger vous place à risque pour d’autres maladies auto-immunes, spécialement celles liées à ces gènes? Pourquoi certaines personnes avec ces gènes deviennent cœliaques et d’autres non? Est-ce que ceux n’éprouvant pas de symptômes de maladie cœliaque peuvent retirer des bénéfices d’une diète SG? Ces questions ont besoin de réponses pour que les gens puissent décider s’ils prennent le risque que le gluten les rende possiblement malades ou que le gluten augmente leur risque de maladie cœliaque ou d’autres maladies auto-immunes.

Additionnée à ma diète sans gluten, une diète journalière de lecture d’articles scientifiques portant sur la MC et les maladies reliées au gluten m’ont révélé qu’il y a plusieurs indices dans la littérature de l’existence de la condition de non-cœliaque sensible au gluten ou encore de l’existence du besoin d’une définition plus large de la MC. Le Dr. Hadjivassiliou (spécialiste de renommée mondiale des maladies neurologiques associées au gluten) appelle à un nouveau paradigme. Il préconise que nous commencions à considérer la sensibilité au gluten en tant que gamme de maladies diverses touchant de multiples organes et non pas en tant que maladie intestinale. Mary Schluckebier, directrice de la CSA (Celiac Sprue Association), demande aux médecins intéressés par le sujet de travailler à la formulation et la reconnaissance de nouvelles définitions pour les maladies reliées au gluten en mettant l’emphase sur plus de recherches et de coopération entre les chercheurs médicaux, les scientifiques de la nourriture et de l’agriculture, les diététistes et les manufacturiers alimentaires.

Seuls les médecins qui sont à l’affut de la condition de NCSG (non-cœliaque sensible au gluten) et qui conseillent une diète SG aux patients qui ne rencontrent pas les critères stricts de diagnostic de la MC, sont en train de découvrir, sans recherche additionnelle, le groupe plus imposant de personnes qui obtiennent une réponse favorable à une application plus large de la diète SG. Ceux d’entre nous qui sont personnellement affectés par une sensibilité au gluten ou qui sont professionnellement impliqués dans le traitement d’individus ayant des réactions adverses au gluten (ou les deux) devraient supporter la recherche abordant le problème plus large des maladies reliées au gluten. Je crois que la condition de NCSG est réelle et qu’elle sera validée par des études. Êtes-vous ouvert à ce concept et êtes-vous prêt à supporter plus de recherche dans cette sphère?


Le Dr Scot Lewey est médecin diplômé et spécialisé en gastroentérologie (maladies du système digestif) pratiquant sa spécialité au Colorado. Il est le médecin rattaché au groupe local de support de la MC, il est chercheur et auteur de plusieurs publications. Il a développé un programme éducatif sur le web à cette adresse : http://www.thefooddoc.com/ afin d’informer les gens souffrant d’intolérance alimentaire et de MC.

Source de l’article: http://www.celiac.com/st_prod.html?p_prodid=1417

 

 


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