
Gamme d'entéropathie de sensibilité au gluten chez les parents au premier degré de patients cœliaques: pertinence clinique d’entérite lymphocytaire.
Spectrum of gluten sensitive enteropathy in first degree relatives of coeliac patients: clinical relevance of lymphocytic enteritis.
Esteve M, Rosinach M, Fernandez-Banares F, Farre C, Salas A,
Alsina M, Vilar P, Abad-Lacruz A, Forne M, Marine M, Santaolalla
R, Espinos JC, Viver JM.
Hospital Universitari Mutua de Terrassa, Spain.
MISE
EN SITUATION: Les données limitées chez de courtes
séries de patients suggèrent qu’une entérite
lymphocytaire (classiquement considérée comme
une maladie cœliaque latente) puisse engendrer des symptômes
de malabsorption, bien que la fréquence réelle
de cette situation demeure inconnue. Les marqueurs sérologiques
utilisés habituellement pour le dépistage de la
maladie cœliaque sont peu utiles pour identifier ces patients.
BUT : Évaluer l’utilité de rechercher le
génotype HLA-DQ2 suivi d’une biopsie duodénale
pour la détection d’une entéropathie de
sensibilité au gluten chez des parents au premier degré
de patients cœliaques et confirmer la pertinence clinique
de l’entérite lymphocytaire diagnostiquée
avec cette stratégie.
PATIENTS ET MÉTHODES : 221 parents au premier degré
de 82 patients cœliaques possédant le génotype
DQ2 furent consécutivement inclus dans l’étude.
Des biopsies duodénales (pour examens histologiques et
culture d’échantillons pour trouver des anticorps
anti-transglutaminase t-TGA) furent offert à tous les
parents au premier degré ayant le génotype HLA-DQ2.
Les indices cliniques, les paramètres biochimiques ainsi
que la densité minérale osseuse furent également
investigués.
RÉSULTATS: 130 parents au premier degré (58.8%)
avaient le génotype DQ2+ et la biopsie de ces parents
au premier degré révéla ceci : 49.2% avaient
une histologie normale c'est-à-dire de type Marsh 0,
24.6% avaient des atrophies de type Marsh I, 0.8% de type Marsh
II, 10.0% de type Marsh III et 15.4% refusèrent la biopsie.
Quarante-neuf parents au premier degré démontrèrent
une entéropathie de sensibilité au gluten, 46
avaient des anomalies histologiques et 3 bien que n’ayant
aucune anomalie (Marsh 0) avaient un résultat positif
t-TGA dans les cultures d’échantillons. Seulement
17 des 221 parents au premier degré avaient un marqueur
sérologique positif. Les différences dans le champ
de diagnostic entre la stratégie proposée et les
marqueurs sérologiques furent significatives (22.2% vs.
7.2% p<0.0001). Les parents au premier degré ayant
des atrophies de type Marsh I et Marsh II-III étaient
plus souvent symptomatiques (56.3 et 53.8%, respectivement)
que les parents ayant une muqueuse normale (21.1%) (p=0.002).
Les parents au premier degré ayant des atrophies de type
Marsh I avaient plus de douleurs abdominales sévères
(p=0.006), de distension abdominale sévère (p=0.047)
et d’anémie (p=0.038) que les parents ayant une
muqueuse normale de type Marsh 0. La prévalence d’une
densité osseuse anormale fut similaire chez les sujets
de type Marsh I (37.0%) et les sujets de type Marsh III (44.4%).
CONCLUSIONS : Le nombre élevé de patients symptomatiques
ayant une entérite lymphocytaire (atrophies de type Marsh
I ) supporte la nécessité d’une stratégie
basée sur le génotype HLA-DQ2 suivi d’une
biopsie chez les parents de cœliaques et devrait modifier
le concept courant qui veut que l'atrophie villositaire
(Marsh III) soit nécessaire pour prescrire une diète
sans gluten.
©2010
Tous droits réservés