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La vitamine D préserve la barrière intestinale et maintient l'équilibre du système immunitaire.

 

Par Réjean Perron


SOSGluten.ca  23/11/2007 – Des chercheurs de l’université de Chicago  démontrèrent, en utilisant des souris chez lesquelles on avait neutralisé les récepteurs de vitamine D, que cette vitamine est susceptible de jouer un rôle clé dans le maintient de la barrière intestinale et de l’intégrité des jonctions serrées au niveau de la muqueuse. Les souris "neutralisées" furent génétiquement modifiées pour engendrer des souris aux récepteurs de vitamine D absents, récepteurs qui sont normalement exprimés par les cellules de la plupart des tissus du corps. Il faut rappeler que lorsque la vitamine D est produite au niveau de la peau ou absorbée à travers la nourriture, celle-ci est rapidement métabolisée par le foie en 25-hydroxyvitamine D3 puis en 1,25 dihydroxyvitamine D3 par les reins, ce qui représente la forme biologiquement active qui inter-réagit avec les récepteurs de vitamine D présents dans les cellules du corps.

Donc, une solution de dextran sulfate de sodium (DSS) fut utilisée pour induire un modèle de colite à la fois chez des souris normales et chez des souris "neutralisées". Les souris normales résistèrent aux assauts du DSS contre la muqueuse intestinale mais les souris "neutralisées" développèrent une diarrhée sévère, des hémorragies rectales et une diminution marquée de poids conduisant à la mort au bout de deux semaines. Un examen histologique révéla des ulcérations considérables au colon et une détérioration de la capacité de guérison de l’épithélium. La microscopie électronique à balayage et la microscopie confocale révélèrent une rupture des jonctions serrées de la barrière intestinale. La culture de cellules en laboratoire démontra aussi que la vitamine D améliore et préserve fortement l’intégrité des jonctions serrées de la muqueuse en présence de DSS et stimule la guérison de l’épithélium. L’étude conclut donc qu’une carence en vitamine D peut compromettre l’intégrité de la barrière intestinale, augmenter la possibilité de dommages à la muqueuse et le risque de désordres intestinaux.

Les travaux du Dr Fasano sur le zonulin, une protéine reconnue aussi pour jouer un rôle important dans la régulation du fonctionnement de la barrière intestinale, ont déjà révélé l’implication de cette barrière dans la maladie cœliaque et ont conduit à l’hypothèse que son mauvais fonctionnement pouvait être impliqué dans une série de maladies auto-immunes caractérisées par une perméabilité intestinale altérée, dont le diabète de type I. Il semblerait donc que la vitamine D ait également un rôle important à jouer dans le maintient de l’intégrité de cette barrière intestinale. En altérant la perméabilité intestinale, la vitamine D, à l’instar du zonulin, permet donc à des molécules indésirables de pénétrer dans la circulation sanguine enclenchant ainsi une réaction du système immunitaire.

Chez des individus normaux en bonne santé, le système immunitaire est capable de faire la distinction entre un envahisseur étranger et les tissus du corps. Les maladies auto-immunes surviennent lorsque le système immunitaire attaque de façon inappropriée ses propres tissus. Il semblerait cependant qu’une carence en vitamine D, en plus de permettre l’entrée de molécules indésirables dans la circulation sanguine, soit en mesure de perturber la réponse immunitaire face à cette intrusion. L’habilité des cellules T à bien discriminer est déterminante dans la prévention de l’auto-immunité.

Plusieurs observations ont démontré que la vitamine D inhibe le processus pro-inflammatoire en supprimant l’activité trop intense des cellules immunitaires qui prennent part à la réaction auto-immune. La vitamine D influe sur la régulation du développement et sur le fonctionnement des cellules T. En effet, des cellules T auto-réactives se développent lorsqu’il y a absence de vitamine D ainsi que de signaux délivrés à travers les récepteurs de vitamine D, alors que des cellules T ayant une réponse équilibrée se développent en présence de vitamine D et de récepteurs de vitamine D fonctionnels, empêchant ainsi l’auto-immunité c'est-à-dire empêchant le système immunitaire d’attaquer les tissus du corps.

La vitamine D a donc la capacité de moduler le système immunitaire expliquant pourquoi les gens vivant dans les pays éloignés de l’équateur où l’exposition au soleil est limitée, sont plus à risque de développer des maladies auto-immunes comme le diabète de type 1, la sclérose en plaques, le lupus érythémateux, la thyroïdite, l’arthrite et les maladies inflammatoires intestinales alors que les maladies auto-immunes, de même que certaines cancers, sont réputées être rares près de l’équateur où le soleil est intense et où les gens ne manquent pas de vitamine D.

Dans une étude publiée en 2004 par l’Académie de Neurologie Américaine, des chercheurs présentèrent les résultats de deux études menées auprès de 187,563 infirmières prenant à chaque jour un minimum de 400 UI de vitamine D et démontrant que l’incidence de sclérose en plaques est inversement proportionnelle à la prise de vitamine D. La prise journalière de 400 UI et plus de cette vitamine réduit de 40% le risque d’être atteint de sclérose en plaques comparativement aux femmes ne prenant aucune vitamine D. Rien n’indique toutefois que la vitamine D pourrait affecter l’évolution de la SP, une fois qu’elle est enclenchée.

Une autre étude publiée dernièrement par l’Institut National du Cancer aux États–Unis révèle que "la mortalité causée par le cancer colorectal est inversement proportionnelle aux niveaux de 25(OH)D dans le sang, une réduction de 72% du risque étant associée à un niveau égal ou supérieur à 80 nmol/L comparé à un niveau inférieur à 50nmol/L". Le fait, que la vitamine D diminue le risque de mortalité du cancer du colon, est consistant avec le rôle préservatif apparemment joué par la vitamine D dans le maintient de l’intégrité de la barrière intestinale, dans le processus de guérison de l'épithélium et son rôle dans le processus de fabrication des cellules T responsables de détruire les cellules malignes.

Du fait que la vitamine D participe activement au maintient de l’équilibre du système immunitaire, il est permis de se demander si une carence en cette vitamine ne constituerait pas un facteur environnemental contribuant à l’amorce de la maladie cœliaque comme cela semble être le cas pour plusieurs autres maladies auto-immunes. Du fait que la vitamine D participe activement au maintient de l’intégrité de la barrière intestinale et à la guérison de l’épithélium, il est aussi permis de se demander si une carence en cette vitamine ne constituerait pas un frein à la guérison de la muqueuse intestinale après qu’une maladie cœliaque ait été diagnostiquée et une diète sans gluten amorcée (dans la maladie cœliaque réfractaire par exemple). D’autres études seront assurément nécessaires afin de répondre précisément à ces interrogations mais les études actuelles devraient nous inciter à considérer cette vitamine avec grand intérêt tout particulièrement chez les cœliaques ayant des enfants. En effet, le fait pour ces enfants de toujours maintenir dans le sang un niveau approprié de vitamine D, et ce dès la naissance, pourrait bien faire la différence entre développer et ne pas développer cette maladie.

En pratique, la majorité des habitants du Canada, des États-Unis et de l’Europe reçoit chaque jour, à travers l'alimentation et l’exposition au soleil, une quantité de vitamine D bien en deçà des doses recommandées. Les gens demeurant loin de l’équateur ont de la difficulté à prendre suffisamment de soleil pour maintenir des réserves de vitamine D adéquates dans le sang tout au long de l’année. Lorsque les gens suivent les recommandations légitimes des dermatologues les prévenant des risques de cancer de la peau associés au soleil, ceux-ci réduisent encore plus la production de vitamine D. Il conviendrait donc, selon les spécialistes, de se tourner vers les aliments contenant de la vitamine D (surtout ceux qui sont additionnés de cette vitamine) ou vers les suppléments.

Selon des experts réunis à Toronto en mars 2006 dans le cadre d’une conférence nord-américaine sur les UV, la vitamine D et la santé, il semble que “les quantités actuellement recommandées de 200 UI/jour jusqu’à l’âge de 50 ans, de 400 UI pour les 50-70 et de 600 UI après 70 ans soient considérées trop faibles pour avoir des effets optimaux sur la santé. Il est fort probable que le niveau de supplémentation approprié soit supérieur à ces niveaux tout en se situant en deçà de l’apport maximal tolérable, établi à 2000 UI/jour pour les adultes”.

Devant les nombreux cas de cancers semblant être associés aux carences en vitamine D, notamment le cancer du côlon, du sein et de la prostate, la Société Canadienne de Cancer a récemment émis la directive suivante à propos de la vitamine D:

“À cause de la latitude nord de notre pays et parce que les rayons du soleil y sont plus faibles, nous recommandons qu’au Canada, les adultes considèrent la prise d’un supplément de vitamine D. Discutez avec votre médecin de la possibilité de prendre 1 000 unités internationales (UI) quotidiennement durant les mois d’automne et d’hiver. Les bébés nourris exclusivement au lait maternel risquent de souffrir de carence en vitamine D, c’est pourquoi les experts recommandent de leur administrer un supplément de vitamine D de 400 UI/jour”.


Références:

Am J Physiol Gastrointest Liver Physiol. 2007 Oct 25.
Novel Role of the Vitamin D Receptor in Maintaining the Integrity of the Intestinal Mucosal Barrier.
Kong J, Zhang Z, Musch MW, Ning G, Sun J, Hart J, Bissonnette M, Li YC.

Am J Clin Nutr. 2004 Dec;80(6 Suppl):1678S-88S.
Sunlight and vitamin D for bone health and prevention of autoimmune diseases, cancers, and cardiovascular disease.
Holick MF

Lancet 2000;355:1518-9.
Zonulin, a newly discovered modulator of intestinal permeability, and its expression in celiac disease.
Fasano A, Not T, Wang W, et al.

Prog Biophys Mol Biol. 2006 Sep;92(1):60-4. Epub 2006 Feb 28.
Vitamin D and its role in immunology: multiple sclerosis, and inflammatory bowel disease.
Cantorna MT.

Ann Rheum Dis. 2007 Sep;66(9):1137-42. Epub 2007 Jun 8.
Vitamin D and autoimmunity: new aetiological and therapeutic considerations.
Arnson Y, Amital H, Shoenfeld Y.

Recent Results Cancer Res. 2003;164:3-28.
Evolution and function of vitamin D.
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J Natl Cancer Inst. 2007 Oct 30.
Prospective Study of Serum Vitamin D and Cancer Mortality in the United States.
D. Michal Freedman, Anne C. Looker, Shih-Chen Chang, Barry I. Graubard.

Neurology 2004;62:60-65
Vitamin D intake and incidence of multiple sclerosis
K. L. Munger, MSc, S. M. Zhang, MD ScD, E. O’Reilly, MSc, M. A. Hernán, MD DrPH, M. J. Olek, DO, W. C. Willett, MD DrPH and A. Ascherio, MD DrPH

Société Canadienne de la sclérose en plaques
Communication médicale, le 16 Janvier 2004
Une étude révèle un lien possible entre la vitamine D et les risques de développer la sclérose en plaques.
http://www.mssociety.ca/fr/recherche/medmmo-vitaminD-jan04-fr.htm

Proceedings of the Society for Experimental Biology and Medicine 223:230-233 (2000)
Vitamin D and Autoimmunity: Is Vitamin D Status an Environmental Factor Affecting Autoimmune Disease Prevalence?
Margheritia T. Cantorna

Conférence nord-américaine sur les UV, la vitamine D et la santé.
http://www.cancer.ca/vgn/images/portal/cit_86755361/3/11/1057720539cw_letterhead_key_messages_fr.pdf

Société Canadienne du Cancer.
http://www.cancer.ca/ccs/internet/standard/0,3182,3649_1176359459__langId-fr,00.html

 

 


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