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La génétique de la sensibilité au gluten selon  Kenneth D. Fine, M.D.

 

Directeur médical du laboratoire EnteroLab

 

Pourquoi les résultats de l’analyse génétique sont-ils si compliqués, et quels gènes prédisposent à la sensibilité au gluten / maladie cœliaque?

Les tests génétiques pour la sensibilité au gluten et les autres réactions immunitaires sont basés sur les antigènes tissulaires d’histocompatibilité (Human Leukocyte Antigen) HLA, spécifiquement HLA-DQ, et encore plus spécifiquement, HLA-DQB1. La nomenclature pour exprimer les résultats génétiques HLA a évolué au cours des vingt dernières années alors que la technologie a progressé. Même si la technologie récente (celle que nous utilisons chez EnteroLab pour l’analyse génétique) inclus l’analyse moléculaire sophistiquée de l’ADN elle-même, la terminologie commune utilisée pour ces gènes dans la littérature de la maladie cœliaque (populaire et médicale) reflète la méthodologie antigénique passée et moins spécifique, basée sur les cellules sanguines (sérologiques). Donc, nous rapportons ce vieux type "sérologique" (représenté par les numéros 1-4, ex : DQ1, DQ2, DQ3, or DQ4), plus les sous-types entiers de ces vieux types (DQ5 ou DQ6 comme sous-types de DQ1; et DQ7, DQ8 et DQ9 comme sous-types de DQ3).

La nomenclature moléculaire utilise 4 entiers ou plus groupés ensemble pour un allèle indiqué par la formule 0yxx, où y est 2 pour DQ2, où y est 3 pour n’importe lequel sous-type de DQ3, où y est 4 pour DQ4, où y est 5 pour DQ5 (sous type de DQ1) où y est 6 pour DQ6 (sous type de DQ1). (Ex : HLA-DQB1*0501, 0603 donne HLA DQ1 sous type 5 et DQ1 sous type 6)

Les x (qui sont communément indiqués par 2 nombres additionnels mais qui peuvent être sous-typés davantage avec des méthodes d’analyse d’ADN plus sophistiquées) sont d’autres nombres indiquant des sous-types plus spécifiques de DQ2, DQ3 (outre 7, 8 et 9), DQ4, DQ5 et DQ6. Il faut noter que, même si la vieille nomenclature est moins spécifique dans le sens de définir peu de types différents, dans un certain sens c’est la meilleure expression de ces gènes parce que c’est la structure protéinique sur les cellules (comme déterminé par le typage sérologique) qui détermine l’action biologique du gène de sorte que les gènes ayant le même type sérologique fonctionnent biologiquement presque identiquement.

Donc, HLA-DQ3 sous-type 8 (un des gènes principaux de la maladie cœliaque) agit presque de façon identique dans le corps que HLA-DQ3 sous-type 7, 9 ou d’autres sous-types DQ3. Ceci étant dit, il est important de répéter que la sensibilité au gluten sous-tend le développement de la maladie cœliaque. Dans cette optique, il semble qu’avoir DQ2 ou DQ3 sous-type DQ8 (ou simplement DQ8) sont les deux principaux gènes HLA-DQ qui entrent en compte pour l’atrophie villositaire accompagnant la sensibilité au gluten (en Amérique, 90% des cœliaques ont DQ2 [un gène davantage Nord Européen Caucasien], et 9% ont DQ8 [un gène davantage Sud Européen/Méditerranéen Caucasien], avec seulement 1% ou moins ayant habituellement DQ1 ou DQ3). Toutefois, il semble que, pour que la sensibilité au gluten résulte en maladie cœliaque (atrophie villositaire de l’intestin grêle), il faille au moins 2 autres gènes également. Donc, ce ne sont pas toutes les personnes ayant DQ2 ou DQ8 qui auront une atrophie villositaire caractéristique de la maladie cœliaque. Alors mon hypothèse est que quiconque absorbant du gluten et ayant tous ces gènes verra se déclencher une réaction de son système immunitaire et sera sensible au gluten.

Mon autre recherche publiée a démontré que DQ1 et DQ3 prédisposent aussi à la sensibilité au gluten et certaines maladies reliées au gluten (par exemple la colite microscopique pour DQ1,3 (HLA DQ1, DQ3) de ma recherche ou l’ataxie du gluten pour DQ1 découverte du Dr Hadjivassiliou). Et d’après ma recherche la plus récente, quand DQ1,1 ou DQ3,3 sont présents ensembles, les réactions sont encore plus fortes que le fait d’avoir un de ces gènes tout seul (comme DQ2,2, DQ2,8 ou DQ8,8 qui peuvent engendrer une forme plus sévère de maladie cœliaque).

 


Est-il possible de savoir quel parent m’a donné le gène de la maladie cœliaque ou le gène de la sensibilité au gluten?

Chacun a deux copies (ou allèles comme ils sont appelés scientifiquement) de chaque gène dans le corps; un de la mère et un du père. La seule façon de savoir si un parent a définitivement un gène de sensibilité au gluten ou de maladie cœliaque sans le tester directement, est si un enfant a deux de ces gènes (ayant reçu l’un de sa mère et l’autre de son père). Si seulement un allèle, de sensibilité au gluten ou de maladie cœliaque, est présent chez l’enfant, il n’y a pas de façon de savoir si ce gène provient de la mère ou du père.  Un gène est suffisant, cependant, pour apporter une sensibilité clinique significative ou une maladie cœliaque, mais deux copies engendrent une réaction plus forte et à cause de cela des complications potentiellement plus sévères reliées au gluten.

 


Si je n’ai pas de gène de sensibilité au gluten ou de maladie cœliaque, est-ce que cela veut dire que mes parents, frères et sœurs n’en ont pas?

Parce que chacun reçoit deux copies (allèles) de chaque gène, mais un parent n’en donne qu’un à chacun de ses enfants (distribué au hasard entre les deux allèles du parent), même si un enfant n’a reçu aucun gène de sensibilité au gluten ou de maladie cœliaque, un ou les deux parents peuvent avoir un de ces gènes prédisposant comme autre allèle. Ainsi une personne sans gène prédisposant pourrait avoir quand même ses parents, frères ou sœurs avec ces gènes. Pour être certain, chaque membre de la famille doit être testé afin de savoir. (La seule certitude en accord avec le dépistage génétique est si une personne possède deux gènes prédisposants, donc chacun de ses enfants et ses deux parents auront ou ont au moins une copie de ces gènes, ce qui est suffisant pour engendrer une sensibilité clinique au gluten ou peut-être une maladie cœliaque). Parce qu’un enfant reçoit un allèle de chacun de ses parents, il est possible qu’une personne n’ayant aucun gène de sensibilité soit quand même le parent d’un enfant possédant un gène de sensibilité reçu de l’autre parent car ces gènes sont très communs (voir le paragraphe suivant).

 

Est-ce que les gènes de la sensibilité au gluten et de la maladie cœliaque sont communs?

DQ2 est présent chez 31% de la population américaine en général. DQ8 (sans DQ2) est présent chez un autre 12%. Donc, les gènes principaux sont présents chez 43% des américains. Incluant DQ1 (sans DQ2 ou DQ8), qui est présent chez un autre 38%, nous amène au fait qu’au moins 81% de l’Amérique est génétiquement prédisposé à la sensibilité au gluten. (De ceux ayant au moins un allèle DQ1, 46% ont DQ1,7, 42% ont DQ1,1, 11 % ont DQ1,4 et 1% ont DQ1,9.) Du 19% restant,  la plupart ont DQ7,7 (un allèle presque identique en structure à DQ2,2, la combinaison génétique prédisposant le plus à la maladie cœliaque) qui dans notre expérience de laboratoire est associé de façon frappante à un haut niveau d’anticorps anti-gliadine chez plusieurs personnes.

Par conséquent, seul ceux ayant DQ4,4 n’ont jamais démontré une prédisposition génétique à la sensibilité au gluten, et cette combinaison génétique est très rare en Amérique (mais pas nécessairement rare dans le sud du Sahara en Afrique et en Asie où la majorité des habitants ne sont pas seulement différents du point de vu de la race comparativement à la race caucasienne, mais aussi où les habitants mangent rarement des grains contenant du gluten et par conséquent la maladie induite par le gluten est rare). Donc, sur la base de ces données, presque tous les Américains, spécialement ceux descendant de l’Europe (incluant le Mexique et autres pays latins à cause de l’influence espagnole), du Moyen Orient, du Proche Orient (pays à l'Ouest de l'Asie et au Nord Est de l'Afrique incluant l’Inde) et de la Russie, sont génétiquement prédisposés à la sensibilité au gluten. (C’est pourquoi nous sommes ici à faire ce que nous faisons!) Mais soyez conscient que si une personne, peu importe la race, possède un gène de sensibilité au gluten, il peut devenir sensible au gluten.

 

Source : Enterolab: Frequently Asked Questions About Results Interpretation

 


 

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